Bienvenue chez moi,
Solitude, belle Solitude! il est si rare qu’on t’invoque, encore moins qu’on te supplie, à moins de vouloir ta fin, par
lassitude et par dépit...Tu accompagnes ceux qui sont incompris, ceux qui sont mal-aimés, ceux qui sont oubliés, ceux qui sont perdus et ceux qui sont condamnés.
Solitude je te reconnais pourtant bien... On ne peut voiler tes traits, et tu sais te poser tous les visages, tu portes toutes les couleurs, toutes les souffrances... Tu accompagnes ceux qui ont
mal, ceux qui pleurent, ceux qui crient le souffle de l’indifférence, ceux qui cherchent un sens à leur existence.
Solitude, tu es celle qu’on châtie, mais tu es aussi celle qu’on envie... Tu es l’univers d’un paradoxe où la nature donne à tout être, toute pensée, toute émotion une place bien gardée. A nous
d’apprendre, à cheminer, à aimer mieux et ne pas s’oublier mais surtout penser à la solitude des autres.
Tu sais Vie, j’ai voyagé ta Terre, j’ai survolé tes milliers de paysages, et j’ai serré dans mes bras, des milliers de gens qui te peuplent. J‘ai appris à aimer, à comprendre, j‘ai
vécu le plus merveilleux de la vie et j’ai pleuré toutes les souffrances du Monde, parce que mes yeux ont vu la guerre, parce que j’ai vu mon enfance, parce que je reste malgré tout survivante.
Je suis seule avec ma belle solitude, car ma conscience me détache de ceux qui ne comprennent pas encore tout de mes mots, ceux qui me jugent pour mon corps malmené, et ceux qui me lynchent pour
n’avoir rien d’eux. Cette même conscience me torture, non pas pour un mal à me faire pardonner, mais à témoigner de l'inconscience
des autres, des échappatoires innombrables, de cette futilité du monde qui nous entoure et de notre irresponsabilité sociale qui ne sert qu’à pointer du doigt, culpabiliser, ségréger, briser et
même tuer.
Aujourd’hui, je suis attablée devant une vie sans pitié et devant l’inévitable acceptation, soumission à ce que ma route était destinée, mon appétit pour les petits bonheurs est devenu très
modeste. Les douceurs ne sont plus de ce monde à part quelques éparses étincelles qui servent à guider timidement, les âmes qui se cherchent. J'abdique devant le manque de courage de ceux qui
n'ont pas compris que les marches à franchir vers sa propre conscience sont une épreuve qui ne se réalise qu'à genoux... La souffrance n'a de prix que si elle sert à grandir, sinon elle ne sert à
rien.
Bienvenue à vous, dans ce monde-ci, qu'est le mien. Vous y trouverez les mots de tous horizons, issus de notre nature humaine, parfois durs, parfois tristes, mais passionnément
tendres. Des mots pour apprendre, pour comprendre, des mots pour partager avec vous, ce que j'ai appris, ce que j'ai découvert, ce que j'ai trouvé en cette vie, et tout ce qui m'est si
cher... Tout ce qui est simplement Moi.
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